Entraide Majolane
Ecoute
En 1998 le Conseil Général alloue une certaine somme à l'Entraide Majolane qui servira, entre autre, à former une bénévole dans le cadre d'un nouveau service d'aide et d'écoute pour les personnes intéressées.
Ce service est opérationnel au 4ème trimestre 1998.
Les entretiens ont en matinée, à raison d'une heure par personne.
1998 17 entretiens
1999 52 entretiens
2000 99 entretiens
2001 113 entretiens
2002 141 entretiens
2003 183 entretiens
2004 203 entretiens
Pourquoi cette écoute ?
Nous nous étions rendu compte que l'aide alimentaire, arrivée le plus souvent assez tard dans le besoin global de certaines familles ne suffisait pas à sortir de l'ornière, faute de moyens matériels certes, mais surtout parce qu'arrivées à ce stade de carences diverses les personnes ne pouvaient faire face à de si nombreux problèmes concomitants.
Nous nous sommes également rendu compte que les familles monoparentales (la plupart du temps avec une femme chef de famille) formeraient la presque totalité des personnes que nous aurions à recevoir et que leurs problèmes ne se résoudraient pas en quelques semaines. Il était évident que pour de jeunes mères de famille ayant à charge un ou plusieurs enfants, qu'elles travaillent ou soient au foyer, cette aide ne pouvait être quantifiée à l'avance et qu'il nous fallait avancer au cas par cas, en fonction de la situation de départ, des aléas qui se greffaient au fur et à mesure, de la santé de la mère, des problèmes inhérents aux différents âges des enfants ou des adolescents, des pensions alimentaires versées régulièrement ou non, etc...
Le temps ne peut être pris en compte, il faut de la patience pour voir enfin émerger au fil des mois une personne qui s'est reconstruite avec courage, en reprenant sa vie en main et en se battant pour donner aux enfants un foyer le plus harmonieux possible.
Le travail des deux bénévoles, qui est d'abord fait d'écoute, devient vite une succession d'actes de déblaiement devant les monceaux de problèmes qu'on leur soumet. Ce peut être :
- de simples coups de fil qui apaisent des situations conflictuelles avec divers organismes et qui permettent à la mère de famille débarrassée de s'atteler seule ou avec notre appui à des problèmes majeurs ;
- une prise de contact (et une solution trouvée) avec un notaire pour résoudre lors d'un divorce en cours, le problème d'une maison qui devait être vendue, risquant de priver d'un toit, des enfants déjà tellement traumatisés par le départ du père ;
- un rendez-vous à des parents en leur demandant de revoir leur fille quels que soient leurs griefs, pour que leurs petits enfants retrouvent leur affection dont ils ont besoin ;
- une bénévole qui va deux fois par semaine chez une maman dont le fils, encore perturbé par le départ du père, a des problèmes scolaires qui jusque là n'avaient pu être résolus et dont les résultats sont très prometteurs ;
- une bénévole qui aide une mère à préparer un concours. Après des difficultés personnelles extrêmes, cette femme a repris sa vie en main et veut "réussir pour les enfants ;
- une prise de contact téléphonique avec un avocat, avec rencontre, pour faire un bilan de la situation à un moment précis d'un procès ;
- et bien d'autres choses, dont l'aide à la santé en priorité.
Nous n'oublions pas, cependant, que nous ne sommes ni psychiatre, ni assistante sociale et en préambule, il nous paraît évident, de bien nous situer dans le cadre de nos rendez-vous. Cela nous est grandement facilité par le fait que l'Entraide Majolane est connue. Nous établissons des liens d'amitié, de grande confiance même, sans quoi nous ne saurions avancer, étant entendu que les propos tenus par les accueillis sont reçus en toute confidentialité, et qu'il est superflu de dire que nous ne nous permettons jamais de juger.
Nous retenons une grande leçon de ces six années passées : à de rares exceptions près, ces femmes ont un courage et une détermination qui nous incitent à continuer en nous améliorant dans la manière de les aider. Nous pensons aussi que dans ce vis-à-vis où elles nous remercient avec tant de chaleur, les retours d'elles à nous sont infiniment positifs en leur faveur.
Dans les jours qui viennent un bureau sera ouvert à GENAS.
Claudie